Libye : opération militaire pour reprendre Syrte, appel au cessez-le-feu

Les forces gouvernementales ont lancé, samedi, une offensive sur la ville côtière, tandis que le chef des troupes rivales, Khalifa Haftar, s’est dit favorable à une trêve à partir de lundi.

Le Monde avec AFP Publié le 06 juin 2020 à 21h17 - Mis à jour le 07 juin 2020 à 09h34

Temps de Lecture 2 min.

Ce cliché, distribué par la présidence égyptienne le 6 juin, montre le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sisi, rencontrant le commandant libyen Khalifa Haftar (à droite) et le président du Parlement libyen, Aguila Saleh, au Caire.

Les forces gouvernementales ont lancé samedi 6 juin une opération pour reprendre la ville de Syrte, le jour où le chef des troupes rivales, Khalifa Haftar, s’est dit favorable à un cessez-le-feu à partir de lundi 8 juin.

Située sur la côte, à 450 km à l’est de la capitale, Tripoli, la ville est un verrou stratégique entre l’est et l’ouest du pays, plongé dans le chaos depuis la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011.

En avril 2019 et en pleine lutte pour le pouvoir, le maréchal Haftar, homme fort de l’Est, avait lancé une offensive pour s’emparer de Tripoli, le siège du Gouvernement libyen d’union nationale (GNA) reconnu par les Nations unies. Le conflit a connu ces derniers mois une implication croissante de puissances étrangères. Et le GNA, appuyé par son allié turc, a infligé une série de revers aux pro-Haftar, reprenant le contrôle de la totalité de l’ouest libyen.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi La paix incertaine en Libye malgré la fin de la « bataille de Tripoli »

« Epargner à la ville les horreurs de la guerre »

Samedi, « des ordres ont été donnés aux forces [du GNA] pour qu’elles commencent à avancer et attaquer toutes les positions des rebelles » dans la région de Syrte, a déclaré leur porte-parole, Mohamad Gnounou. « L’armée de l’air a mené cinq frappes dans la périphérie de Syrte, ciblant des véhicules armés et des mercenaires », a-t-il ajouté dans un communiqué publié sur Facebook.

Les pro-Haftar avaient pris en janvier Syrte, contrôlée depuis 2016 par les forces pro-GNA, notamment celles issues de la ville de Misrata, qui avaient réussi à en chasser le groupe djihadiste Etat islamique (EI) après plusieurs mois de combats sanglants.

Ils y étaient entrés, quasiment sans combat, après avoir obtenu notamment l’allégeance d’un groupe salafiste local. Syrte est la ville natale de Mouammar Kadhafi, renversé et tué lors de la rébellion en 2011.

« Depuis quatre mois, nous exhortons les doyens et notables de Syrte à faire valoir la raison et à épargner à la ville les horreurs de la guerre », a dit M. Gnounou. « Aujourd’hui, nous leur lançons un dernier appel » avant l’assaut, a-t-il averti, soulignant la détermination du GNA à y imposer son autorité.

« Respect des efforts internationaux »

Dans le même temps, une « initiative du Caire » appelle au « respect des efforts internationaux et propose un cessez-le-feu à partir de 6 heures locales, le lundi 8 juin 2020 », a annoncé samedi le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, lors d’une conférence de presse. Présent à ses côtés au Caire, le maréchal Haftar – soutenu par l’Egypte, la Russie et les Emirats arabes unis – a annoncé son accord avec cette trêve.

La Ligue arabe s’est félicitée de cette initiative, tout comme le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, qui a « salué le résultat obtenu aujourd’hui visant à la cessation immédiate des hostilités », estimant qu’il s’agissait là de la « priorité ».

Lire aussi : Le maréchal Haftar, l’allié de Paris qui ne tient jamais ses engagements

Mais le porte-parole des forces du Gouvernement libyen d’union nationale s’est montré plus réticent. « Nous n’avons pas commencé cette guerre, mais nous sommes ceux qui décident où et quand elle se termine », a réagi M. Gnounou.

Depuis mercredi, le GNA a annoncé successivement la prise de l’aéroport international de Tripoli, hors service depuis 2014, le contrôle total des frontières administratives du Grand Tripoli, et la prise de Tarhouna, dernier fief des pro-Haftar dans l’Ouest.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Libye, Khalifa Haftar accumule les revers en Tripolitaine

Toutes les tentatives d’établir un cessez-le-feu durable ont jusque-là échoué. Depuis avril 2019, des centaines de personnes, dont de nombreux civils, ont été tuées et plus de 200 000 déplacées.

Le Monde avec AFP

Contribuer

Dans la même rubrique

Services

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.