Le chef de l’opposition malienne porté disparu, à la veille des élections législatives

Soumaïla Cissé et six membres de sa délégation ont été enlevés par des hommes armés mercredi 25 mars, dans la région de Tombouctou.

Le Monde avec AFP Publié le 26 mars 2020 à 12h48 - Mis à jour le 26 mars 2020 à 18h49

Temps de Lecture 2 min.

Le chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé lors d’une conférence de presse, à Bamako, à la veille des résultats officiels de l’élection présidentielle, le 17 août 2018.
Le chef de l’opposition malienne Soumaïla Cissé lors d’une conférence de presse, à Bamako, à la veille des résultats officiels de l’élection présidentielle, le 17 août 2018. MICHELE CATTANI / AFP

Mais où est « Soumi » ? Mercredi 25 mars au soir, nombre d’internautes se posaient des questions sur la disparition soudaine du chef de l’opposition malienne, Soumaïla Cissé. Enlevé en fin de journée par des hommes armés non identifiés, le chef du parti de l’Union pour la République et la démocratie (URD) et six membres de sa délégation demeuraient toujours hors des radars jeudi après-midi 26 mars.

Lire aussi Dans le nord-est du Mali, le grand sentiment d’abandon des habitants de Ménaka

En campagne dans la région de Tombouctou, dans le nord du pays, pour les élections législatives du dimanche 29 mars, il n’est jamais arrivé dans la localité de Koumaïra, où ses partisans l’attendaient. Selon l’URD, la délégation de douze personnes a été attaquée aux alentours de 15 h 45, « heure à laquelle nous n’avons plus eu de nouvelles bien que nous soyons restés en contact permanent tout le temps de son trajet », raconte MDemba Traoré, en charge de la cellule de crise mise en place par le parti.

L’URD précise que la délégation n’était pas accompagnée par une escorte armée sur le tronçon de 20 kilomètres, dans une zone où le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM) et l’Etat islamique au Grand Sahara (EIGS) sont présents.

L’opération « Barkhane » sollicitée

Le lendemain matin, cinq personnes de la délégation arrivaient dans la localité de Saraféré, là où celui qui avait tenu tête au président actuel Ibrahim Boubacar Keïta lors de l’élection de 2018 a été vu pour la dernière fois. Relâchés, « deux d’entre eux ont été blessés par balle et le garde du corps de Soumaïla Cissé est mort de ses blessures », précise M. Traoré.

Lire aussi « Barkhane » dit éliminer au Sahel une centaine de combattants par mois

Si les membres de l’URD assurent que leur président « se porte bien », selon des informations recoupées depuis le terrain, toutes les autorités du pays ainsi que l’opération française « Barkhane » ont été mobilisées. « Le gouvernement, à travers l’administration régionale, les forces armées maliennes [FAMa] et ses partenaires, assure que toutes les dispositions pratiques sont prises pour retrouver les personnalités portées disparues et les ramener à leurs familles », a informé le porte-parole du gouvernement, Yaya Sangaré, dans un communiqué.

A la demande des forces armées maliennes, un hélicoptère de la Mission des Nations unies au Mali, la Minusma, a été déployé pour ratisser la zone du rapt et des « moyens techniques » ont été mis à la disposition des autorités.

D’autres personnalités victimes de l’insécurité

C’est la première fois qu’un enlèvement touche une figure malienne aussi reconnue. A 70 ans, Soumaïla Cissé a été plusieurs fois ministre et trois fois candidat à la présidence de la République. Il a aussi exercé de hautes responsabilités à l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uemoa).

Lire aussi Au Mali, un groupe djihadiste accepte de négocier à condition que l’armée française s’en aille

Le chef de l’opposition n’est toutefois pas la première personnalité à avoir été victime de l’insécurité au Mali au cours de cette campagne des élections législatives. Depuis qu’elle a débuté, le 8 mars, au moins quatre candidats ont fait l’objet d’attaques de la part d’hommes armés. Le 17 mars, Mohamed Ag Ahmed Dofana, représentant du Rassemblement pour le Mali (RPM), parti du président de la République, était d’ailleurs kidnappé non loin de la zone où Soumaïla Cissé a disparu. Et deux autres aspirants au poste de député se sont fait voler leurs voitures proches de la ville de Nara et dans la région de Koulikoro, au centre du pays, sous la menace des armes.

Ces incidents en série illustrent la dégradation sécuritaire à l’œuvre au Mali. Une situation très tendue qui complique la tenue des législatives de dimanche, alors que de vastes portions du territoire malien échappent toujours à l’autorité de l’Etat.

Contribuer

Dans la même rubrique

Services

Lecture du Monde en cours sur un autre appareil.

Vous pouvez lire Le Monde sur un seul appareil à la fois

Ce message s’affichera sur l’autre appareil.

  • Parce qu’une autre personne (ou vous) est en train de lire Le Monde avec ce compte sur un autre appareil.

    Vous ne pouvez lire Le Monde que sur un seul appareil à la fois (ordinateur, téléphone ou tablette).

  • Comment ne plus voir ce message ?

    En cliquant sur «  » et en vous assurant que vous êtes la seule personne à consulter Le Monde avec ce compte.

  • Que se passera-t-il si vous continuez à lire ici ?

    Ce message s’affichera sur l’autre appareil. Ce dernier restera connecté avec ce compte.

  • Y a-t-il d’autres limites ?

    Non. Vous pouvez vous connecter avec votre compte sur autant d’appareils que vous le souhaitez, mais en les utilisant à des moments différents.

  • Vous ignorez qui est l’autre personne ?

    Nous vous conseillons de modifier votre mot de passe.