Ebola en RDC : l’OMS prolonge l’urgence internationale, malgré des progrès

L’épidémie s’est déclarée en août 2018 et sévit dans les régions du Nord-Kivu et de l’Ituri, dans l’est du pays. Environ 2 300 décès ont été enregistrés.

Le Monde avec AFP Publié le 13 février 2020 à 10h00

Temps de Lecture 2 min.

Dans le centre de traitement contre le virus Ebola à Katwa, près de Butembo, dans l’est de la RDC, en octobre 2019.
Dans le centre de traitement contre le virus Ebola à Katwa, près de Butembo, dans l’est de la RDC, en octobre 2019. Zohra Bensemra / REUTERS

L’OMS a prolongé mercredi 12 février la qualification de l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) comme une urgence internationale, malgré une chute récente du nombre de cas jugée « extrêmement positive » et une révision à la baisse du niveau de la menace. « L’épidémie doit continuer d’être une urgence de santé publique internationale », a déclaré à la presse le directeur général de l’OMS Tedros Adhanom Gebreyesus, à l’issue d’une réunion de spécialistes de la maladie à Genève.

« Tant qu’il y aura encore un seul cas d’Ebola dans une région dangereuse et instable comme l’est de la RDC, le potentiel existe pour une épidémie bien plus grande », a ajouté le docteur Tedros. Il a espéré que ce statut d’urgence puisse être levé dans trois mois, à l’occasion d’un nouvel avis du comité d’experts internationaux de cette maladie.

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Le président de ce comité, Robert Steffen, a indiqué de son côté que la menace constituée par l’épidémie en RDC et dans la région était passée du niveau « très élevé » à « élevé » en raison des progrès enregistrés, même si l’urgence internationale était maintenue. L’OMS avait adopté cette qualification d’urgence de portée internationale en juillet 2019 pour cette épidémie, une décision régulièrement soumise à un comité de spécialistes. Elle permet à l’OMS de prendre des mesures renforcées en matière de restrictions aux voyages ou de levée de fonds.

Un taux de mortalité très élevé

L’épidémie d’Ebola s’est déclarée en août 2018 dans la localité de Mangina et sévit dans les régions du Nord-Kivu et de l’Ituri. Environ 2 300 décès ont été enregistrés. Le docteur Tedros s’était déclaré mardi « très encouragé » par « la tendance à la baisse » des cas enregistrés au cours des derniers jours, tout en restant prudent sur l’avenir. « Tant que nous n’avons pas de cas pendant quarante-deux jours, ce n’est pas fini », avait-t-il souligné, en référence à la période de sûreté correspondant à deux fois la durée d’incubation.

Le chef de l’OMS a indiqué qu’il se rendrait en RDC jeudi pour rencontrer le président Félix Tshisekedi et parler notamment du renforcement du système de santé du pays. La qualification en juillet avait été décidée après le diagnostic d’un patient atteint du virus dans la ville de Goma, premier cas dans un grand centre urbain.

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La lutte contre la maladie est régulièrement perturbée par l’insécurité due à des violences armées dans les provinces de Beni et de l’Ituri. En novembre 2019, l’OMS avait annoncé avoir dû retirer quarante-neuf de ses personnels de la région de Beni en raison de l’insécurité. La résistance d’une partie des populations (déni de la maladie, refus de la vaccination, de l’hospitalisation des proches contaminés et des enterrements) complique également la tâche des travailleurs humanitaires.

Cette épidémie en RDC est la plus grave de l’histoire d’Ebola depuis celle ayant touché l’Afrique de l’Ouest – principalement la Guinée, le Liberia et la Sierra Leone – entre fin 2013 et 2016. Le virus a été identifié en 1976 en Afrique centrale. Transmissible par le sang, les fluides corporels, les sécrétions ou les organes d’un malade où d’une personne récemment décédée, son taux de mortalité est particulièrement élevé, jusqu’à 90 % pour certaines épidémies selon l’OMS.

Le Monde avec AFP

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