TF1 condamnée pour travail dissimulé et licenciement abusif

La chaîne, qui a fait appel, a été condamnée, par les prud’hommes de Boulogne-Billancourt, à payer 700 000 euros au journaliste Bruce Frankel.

Par Publié le 28 mai 2020 à 20h25 - Mis à jour le 28 mai 2020 à 20h27

Temps de Lecture 2 min.

C’est ce qu’on appelle une belle carrière, menée tambour battant tout autour de la planète ; trente-sept années à courir le monde pour les besoins de l’information de la chaîne la plus regardée de France, jusqu’à la surprise de chef, fin août 2017 : un licenciement soudain, à l’occasion duquel Bruce Frankel découvre que la chaîne ne le considère pas comme l’un de ses salariés. A bon droit ? Assurément non. Le 14 mai, le conseil des prud’hommes de Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) lui a donné raison, condamnant la chaîne pour travail dissimulé et licenciement sans cause réelle et sérieuse, à hauteur de 450 000 euros au titre des dommages et intérêts et 250 000 euros pour le licenciement. Contactée, TF1 confirme qu’elle compte faire appel de cette décision.

La première fois que Bruce Frankel travaille pour TF1, la « première chaîne » n’est même pas encore privatisée. Nous sommes en septembre 1981, et alors que le journaliste Maurice Olivari est nommé correspondant à New York, le jeune trentenaire est recruté en tant qu’assistant de production. Quelques mois plus tard, cet emploi devient permanent, et un premier contrat prend effet le 1er janvier 1984. Arrive 1990, et une mutation à Hongkong, en tant qu’opérateur de prises de vue et monteur au bureau de la chaîne, dirigé par le même Maurice Olivari. Quelques mois se passent et voilà le baroudeur en Arabie saoudite, puis au Koweït : c’est la première guerre du Golfe, il travaille aux côtés du reporter Patrick Bourrat.

« Toute sa carrière, parfois au péril de sa vie »

Les contrats s’enchaînent, et TF1 paie les frais de déménagement. Retour à Hongkong, puis en 1994, direction Jérusalem ; 1997 est l’année du retour sur le territoire américain, Washington d’abord, New York ensuite. Vingt ans s’écoulent, au cours desquels la chaîne ferme ses bureaux à l’étranger : Moscou en 2010, Rome en 2012, Londres en 2016, et en 2017, c’est au tour du bureau américain de devoir réduire son effectif. Bruce Frankel est prié de partir, et découvre qu’il est considéré comme un collaborateur recruté localement, selon le droit américain. Attestant de son contrat de prévoyance en tant que « salarié », des parts dont il dispose dans la chaîne en tant que « salarié », d’une candidature au conseil de surveillance ou encore de diverses attestations délivrées par son employeur, le natif de Philadelphie (Pennsylvanie), devenu français en 2006 et résidant en France, exprime son désaccord.

A sa suite, les juges français viennent d’estimer que ses collaborations successives devaient être requalifiées en contrat à durée indéterminée. « L’importance du montant de la réparation allouée, se félicite son avocat, Me Vincent Toledano, est à la mesure de la formidable injustice du traitement réservé au reporter qui aura consacré toute sa carrière de journaliste à la première chaîne, parfois même au péril de sa vie. » Il réclamait à TF1 un peu plus d’un million et demi d’euros.

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