"La violence qui a présidé à l'arrangement du monde colonial, qui a rythmé inlassablement la destruction des formes sociales indigènes, démoli sans restrictions les systèmes de références de l'économie, les modes d'apparence, d'habillement, sera revendiquée et assumée par le colonisé au moment où, décidant d'être l'histoire en actes, la masse colonisée s'engouffrera dans les villes interdites."

  

Frantz Fanon in "Les damnés de la terre"

     

 

     

 





  

Frantz Fanon, plume noire chauffée à blanc

  

Frantz Fanon est parmi les grands du 20e siècle. Né en 1925 à Fort-de-France, ce psychiatre martiniquais est mort membre du Front de Libération Nationale algérien, en 1961. Il avait 36 ans. Sa trajectoire d’un enfant du siècle pourrait se résumer en quelques termes lapidaires : anticolonialisme, violence, libération. Mais l’œuvre de celui qui fut trop vite oublié ou trop mal entendu est rétive à la simplification : elle ne peut être lissée sans être trahie. Alors, il faudra retracer un parcours, où travail et engagement sont synonymes, où écriture et action se confondent. Nulle question d’en faire un roman : la vie et l’œuvre de Frantz Fanon sont riches, utiles à la connaissance du passé, à la compréhension du présent et – dans une certaine mesure – à des luttes actuelles.

  

rajouté le 02/09/2007

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Officier durant la conquête de l'Algérie, le lieutenant-colonel de Montagnac écrit à Philippeville le 15 mars 1843 : « Toutes les populations qui n'acceptent pas nos conditions doivent être rasées. Tout doit être pris, saccagé, sans distinction d'âge ni de sexe: l'herbe ne doit plus pousser où l'armée française a mis le pied. Qui veut la fin veut les moyens, quoiqu'en disent nos philanthropes. Tous les bons militaires que j'ai l'honneur de commander sont prévenus par moi-même que s'il leur arrive de m'amener un Arabe vivant, ils recevront une volée de coups de plat de sabre. [...] Voilà, mon brave ami, comment il faut faire la guerre aux Arabes : tuer tous les hommes jusqu'à l'âge de quinze ans, prendre toutes les femmes et les enfants, en charger les bâtiments, les envoyer aux îles Marquises ou ailleurs. En un mot, anéantir tout ce qui ne rampera pas à nos pieds comme des chiens. »

Sources :

Lieutenant-colonel de Montagnac, Lettres d'un soldat, Plon, Paris, 1885, réédité par Christian Destremeau, 1998, p. 153 ; Alain Ruscio, Y'a bon les colonies, Autrement n° 144, Oublier nos crimes, avril 1994, p. 41.





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