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Eugène
Delacroix (1798-1863), Arabe sellant son cheval |
Toi qui défends l’homme errant au pays des citadins
Et qui blâmes l’ami du désert et de la solitude
Dénigres-tu des tentes si légères à porter
Et prises-tu les maisons faites de boue et de pierres ?
Si tu savais l’être du désert, tu me pardonnerais !
Mais tu ne sais ! et que de mots recèle l’ignorance !
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J’ai préparé, pour le cas où la fortune me serait infidèle, un noble coursier aux formes parfaites, qu’aucun autre n’égale en vitesse,
J’ai aussi un sabre étincelant qui tranche d’un seul coup le corps de mes adversaires,
Et pourtant la fortune m’a traité comme si je n’avais goûté le plaisir de monter un buveur d’air;
Comme si je n’avais jamais reposé mon cœur sur le sein virginal d’une femme bien-aimée, aux jambes ornées de bracelets d’or ;
Comme si je n’avais jamais ressenti les douleurs de la séparation.
Comme si je n’avais jamais assisté au spectacle émouvant de nos chevaux de race surprenant l’ennemi à la pointe du jour ;
Comme si, enfin, après une défaite, je n’avais jamais ramené des fuyards au combat en leur criant :
« Fatma, filles de Fatma !
La mort est une contribution frappée sur nos têtes ; tournez l’encolure de vos chevaux et reprenez la charge ! »
Le temps roule sur lui-même et revient.
Ah que je voudrais jeter le monde sur sa figure !
(…) |

Eugène
Delacroix, Fantasia |